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L’accordage permet de magnifier tout cela ; on le dit peu mais dans un piano tout est faux, et il s’agit de créer l’harmonie dans la fausseté, faire « chanter » l’instrument avec un spectre sonore ouvert, élargi, dont la résonance peut vous emmener dans un voyage quasi cosmique avec le déploiement presque infini des harmoniques…

Il ne peut être question d’accorder à l’accordeur électronique qui indique au technicien les « bonnes » fréquences dans une division électronique, note après note. Imaginons que, dans le meilleur des cas, l’appareil ait été étalonné, ou échantillonné si vous préférez, sur le meilleur piano du monde accordé par le meilleur accordeur du monde … eh bien cet accord ne sera pas nécessairement valable sur un autre piano, même d’excellente qualité, dont le déploiement harmonique sera différent, dont les fondamentales auront une présence autre… cela n’a pas de sens. Chaque piano a sa personnalité et il s’agit pour l’accordeur d’en trouver la quintessence, de le magnifier pour ce qu’il est. A chaque piano l’accordeur doit se remettre en question, prendre le temps de comprendre à qui il a affaire, comme nous avons à le faire pour comprendre une personne, et s’accorder lui-même à l’instrument pour sentir ce qui sera le mieux pour celui-ci.

De plus il est envisageable d’adapter l’accord, sa couleur, selon la personnalité et le répertoire privilégié de son principal utilisateur : un répertoire plutôt jazz ou moderne peut se satisfaire d’un accordage nerveux, tendu, aux tierces majeures rapides ; à l’inverse un style de musique plus classique, romantique, s’accommodera mieux d’un accord rond, aux tierces plus lentes, propres à émouvoir l’auditeur plus en profondeur ! voilà le vrai mystère de l’accordage, son aspect subjectif, irrationnel, vivant, ce qui en fait une quête sans fin ; et quoi de plus beau que de porter l’harmonie dans un foyer ou sur une scène de concert le temps d’un récital !

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